UNE ACADEMIE POURQUOI FAIRE ...

Par les valeurs qu'il incarne, le laguiole s'impose comme un objet de culte et l'âme même de toutes les lames. Fleuron incontesté de la culture de l'Aubrac à laquelle il appartient depuis 1829, s'identifiant à un pays, à ses hommes et à ses traditions, il a su s'adapter et séduire aujourd'hui de nouveaux inconditionnels.



Peut-on rester insensible à sa robustesse légendaire, à la finesse de sa ligne et à son élégance.
Cent soixante-trois ans après son invention, on le trouve dans la poche d'un nombre croissant d'amateurs tandis que sa fabrication signe un retour remarqué dans son berceau d'origine.
Avant 1985, les célèbres couteaux n'étaient plus fabriqués en Aveyron. Désormais, tout
contribue à développer cette activité dans un environnement exceptionnel où prennent place - entre autres - une production fromagère de qualité, le renouveau de la race d'Aubrac, la cuisine prestigieuse de Michel Bras, les proches stations de ski. Autant de gages d'avenir...

Dans ce contexte, l'Académie du couteau de Laguiole entend jouer le rôle qui est le sien. Désireuse de rassembler amateurs, collectionneurs et utilisateurs, elle met en avant le seul lien - mais quel sésame - qui unit ses Fondateurs et ses adhérents : la passion du laguiole. Cet objectif suppose des droits et des devoirs.

En effet, le couteau possède une âme qu'il convient de préserver des dérives et de toutes les tentatives de galvaudage.
Le laguiole est parvenu à un tel degré de notoriété qu'il devient très souvent un support publicitaire. Lutter contre sa banalisation apparaît comme une nécessité afin de conscrver
son originalité et sa personnalité. Le couteau est l'un des plus anciens compagnons de
l'homme ; le nôtre est, de plus, rare et prestigieux. Sachons être les garants de la qualité, du savoir-faire, du beau et du vrai sans lesquels le laguiole ne serait plus lui-même.

Jacques Dereux


L'initiative de créer « l'Académie du Couteau de Laguiole » avec une bande d'amis vous revient. S'agissait-il tout d'abord d'une affaire de copains et d'un clin d'oeil au « Laguiole », ou d'une démarche se voulant très sérieuse en faveur du « Laguiole », avec clin d'oeil aux copains ?

Jacques Dereux
La démarche était une réaction de colère. Quand les premières importations d'Extrême Orient et d'Asie ont pris la suite des importations Européennes déjà contestables ! J'ai alors réuni des amis, comme moi très régionalistes pour m'aider dans cette démarche.

L'invasion du marché du couteau par de faux « Laguiole » est-elle actuellement en partie jugulée, et notamment par l'action menée par l'ACL ?

J. D.
Pas du tout, au contraire... Par contre l'ACL sert à désigner qui est respectable, qui crée de l'emploi sur le site de Laguiole, qui respecte la charte du vrai couteau de Laguiole.

Votre démarche est-elle comprise au « Pays » comme elle le mérite ? En recevant dans l'Académie des NOMS tels que Christian Clavier ou Sonia Rykiel, ne risquez-vous pas, vous les fondateurs originaires de l'Aubrac, d'être taxés de "parisianisme" ?

J. D.
C'est un problème de Société, on écoute les gens médiatiques, les autres meurent en silence ! La Politique, la Culture, l'Economie, la Santé... Tout le monde en est là !


Vous avez successivement tenu vos assises dans des Mairies d'Arrondissement de Paris, puis au Sénat et à la Maison du Sport Français, et récemment à la Mairie de Paris. Pourquoi ne pas avoir demain des visées européennes, le « Laguiole » étant incontestablement apprécié de nos amis étrangers ?

J. D.
Ce n'est pas mon optique, mais l'ACL décide.


Ces 10 ans d'existence de l'Académie ont passé très vite. En tant que simple membre du bureau désormais (mais, tout de même Président d'honneur pour... l'éternité!), vous espérez que I'ACL « en reprenne pour combien » ?
J. D.
L ACL devra vivre à mon sens, tant que le vrai couteau de Laguiole, forgé à Laguiole aura besoin d'être défendu contre les charlatans et les truqueurs.