CES MOUSQUETAIRES PARISIENS QUI ETAIENT... 5

En ce temps-là, du côté du 92, oui ils étaient cinq à y penser, à y penser très fort, cinq amis, cinq fils de l'Aubrac :
Pourquoi ne pas faire parler davantage du Couteau de Laguiole ?
Et pourquoi, surtout, ne pas le défendre puisque d'aucuns n'avaient pas hésité à le ridiculiser en plaçant l'Aubrac sur une mappe monde du côté de Taiwan ?

En en faisant un objet bon marché ("100 francs les 12 ma p'tite dame " ?), alors que sa fabrication suivant les règles d'origine implique un prix correspondant à sa qualité, à son exemplarité côté terroir. Disons-le encore plus directement : On en était hélas arrivé à dire «vrai Laguiole » par rapport aux si nombreux faux !

Ils ont donc été cinq à faire le saut, à passer du voeu pieux à l'acte : l'Académie du Couteau de Laguiole allait naître, elle serait plus simplement l'ACL, sympathique, conviviale et d'abord efficace.

Et les cinq amis, désormais Fondateurs s'empressaient alors tout simplement d'élire en tant que Président celui d'entre eux qui leur paraissait le plus implique dans cette naissance et ... point d'autres .
plus sensibilisé au sujet, Jacques Dereux, pour ne pas le nommer.
Ils s'empressaient aussi d'entreprendre un «recrutement» d'adeptes sinon élitiste, du moins très ciblé, autant dire sans « ratisser large ».

Les membres de l'ACL seraient avant tout des passionnés de la divine lame, des collectionneurs épris de cet assemblage de corne, de bois et d'acier, tout comme avait pu l'être quelques 163 ans auparavant le génial « Inventeur » du Laguiole, Pierre Calmels.

Il ne leur restait plus qu'à imaginer un cérémonial d'intronisations mêlant solennité et bonheur façon terroir.

Ainsi 10 ans durant, les cérémonies d'intronisations allaient-elles s'enchaîner à l'occasion de cocktails ou de soirées prenant pour cadres les lieux les plus divers, et souvent les plus prestigieux, de la simple salle des Fêtes d'une Mairie parisienne d'arrondissement aux ors du Palais du Luxembourg, d'un chapiteau dressé dans le jardin d'acclimatation à la maison du Sport Français, en passant par le sympathique « petit journal» de l'ami André Damon, et sans oublier le Relais du Nord de la famille Cassagnes, reconverti pour l'occasion en «temple de l'Aligot ».